Spleen et désespoir, césarienne je ne t'aime pas.

Publié par littleturtle Jeu 17 jan 2008 12:55:32 GMT


Comme vous le savez peut-être, je suis actuellement enceinte de presque 36 semaines d'aménorhée. Diane, ma petite fille, doit voir le jour aux alentours du 25 février, en théorie.
En pratique, lors de la dernière échographie, l'obstétricien m'a alerté sur le périmètre crânien de la puce qui, comme son papa, est un 'bb-grosse tête'. À 34 sa, elle avait le périmètre crânien d'un foetus de 40 sa.
De plus, lors de la dernière échographie, elle se présentait par le siège. Un bébé en siège n'empêche pas un accouchement par voie basse, un bébé en siège ET avec une grosse tête, par contre, cela fait beaucoup. Et par deux fois déjà, le gynéco obstétricien qui me suit a évoqué la probabilité d'une césarienne programmée.

Hier, j'avais mon rdv du 8ème mois, avec lui. On a vérifié la position de Diane, et elle était encore en siège, avec le dos qui barrait mon estomac, la tête sous mes côtes à gauche et son cucul à droite. Hier, je me suis dis que voilà, alea jacta est, la Nature, qui m'a offert la chance et la joie d'être maman, m'oblige également à accoucher par césarienne.

Ça change quoi, d'avoir une césa? Pour beaucoup, je me prend la tête pour rien, et pas mal de nanas ne cherchent pas à comprendre ce que je ressens. Le fait que la date d'accouchement soit programmée, que je me rende à la maternité sur un rdv, comme pour aller chez le coiffeur, qu'il n'y ait pas la perte des eaux, ni les contractions ni la poussée, moi ça me chamboule. Je sais aussi qu'en naissant par césarienne, Diane ne bénéficiera pas de tous les mécanismes naturels prévus par le corps humain: en passant par voie basse, le bébé est "massé" et cela permet d'évacuer les glaires qu'il a dans les poumons; les hormones sécrétées lui permettent un éveil optimal; les mêmes hormones lui permettent de brûler les graisses brunes, de le préparer à la vie en plein air, bref.
J'essaye de ne pas le vivre mal, d'écrire un projet de naissance qui soit quand même correspondant à mes attentes, mais par pitié, par pitié vraiment, j'aimerais que les gens arrêtent de me dire que ça n'est pas grave, que le principal est que la puce aille bien, et que je me passerais du reste et tant pis. On parle du début de vie de ma fille là, pas de la couleur d'une fringue ou d'un détail insignifiant!

Alors voilà, pour l'instant rien n'est sûr, elle peut se retourner encore (d'ailleurs je crois que c'est en bonne voie, vu ce qu'elle a fait ce matin ^^), et sa tête peut passer dans mon bassin. Mais quoi qu'il en soit, je tenais à profiter de cet espace d'expression qui est mien pour dire mon ras-le-bol.
Voilà, c'est chose faite! (et pour ceux qui veulent se renseigner, allez ici: http://www.cesarine.org)

(et pour les neuneus qui auraient la prétention de tout mieux savoir que les autres, un ptit texte pour essayer de faire réflechir -sait-on jamais)

source www.cesarine.org

Vous avez le droit...
Texte écrit par Lamerobine

De la craindre, ou de l'attendre...

Vous avez le droit d'en souffrir,
Vous avez le droit de bien la vivre...

Vous avez le droit, sans qu'on vous juge, de rester au lit pendant deux jours, trois jours ou une semaine sans pouvoir vous lever,

Vous avez le droit d'écouter votre corps qui vous fait trop mal, d'écouter votre tête, votre coeur qui vous disent qu'ils souffrent aussi,

Vous avez le droit de pleurer parce que vous avez mal, que vous êtes anéantie, parce que vous vous sentez mal, incapable, que vous déprimez,
Vous avez le droit de verser toutes les larmes qui vous envahissent, parce qu'elles sont salvatrices, et ont une raison d'être,

Vous avez le droit de vous fermer sur vous-même, de ne pas écouter les phrases qui pourtant vous atteignent "mais allez ma ptite dame, la dame d'à côté, elle y arrive elle, alors pourquoi pas vous?",

Vous avez le droit de ne pas y arriver, comme la dame d'à côté,

Vous avez le droit de vous laisser le temps dont vous avez besoin pour pleurer, déprimer, puis vous lever, bouger, l'accepter,

Vous avez le droit de ne pas faire simplement ce que les autres attendent de vous, et quand ils l'attendent de vous,

Vous avez le droit de demander de l'aide, quand vous êtes surpassée, quand vous n'en pouvez plus,

Vous avez le droit d'en vouloir à la Terre entière, parce que cette Terre et ses hommes n'ont pas réussi à vous épargner une souffrance qui vous surprend et vous tue...

Et... vous avez tout autant le droit d'écouter votre corps quand dès le lendemain vous pouvez prendre votre petit dans les bras sans difficulté aucune,

Vous avez le droit de rire, d'être heureuse parce que vous l'avez acceptée et que votre bébé à côté de vous vous émerveille, parce que la douleur physique n'entrave pas votre nouveau rôle de maman auprès de votre tout-petit,

Vous avez le droit d'être fière d'avoir mis au monde votre bébé,

Vous avez le droit d'être fière d'avoir accepté cette césarienne,

Vous avez le droit de ne pas culpabiliser de bien la vivre quand d'autres en souffrent...

Vous avez tous ces droits parce que vous êtes unique.
La dame d'à côté n'a pas votre corps, votre ventre, votre histoire, votre vie, votre ressenti, vos maux, votre bébé.
Tout ceci n'appartient qu'à vous seule.
Mal ou bien vivre une césarienne n'est pas une histoire de volonté, c'est une Histoire de Femme.



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