Je reprends ce que j'ai commencé à dire précédemment, et j'enchaîne:
Ici c'est le même constat. Les choses n'ont pas été évidentes pour moi
tout de suite, mais encore une fois, le cheminement me semble sans
retour. J'ai confié Diane à une nounou pour pouvoir travailler. Pour
moi c'était dans "l'ordre des choses", tout le monde fait ça.Le premier
gêné a été le papa, pas moi. Guillaume me disait tous les soirs "J'en
ai marre de cette vie de fou, je ne vois pas grandir ma fille, je ne la
vois pas évoluer, parce que je travaille". Pour moi encore une fois,
c'était normal, c'était "la vie", quoi. Et puis petit à petit, j'ai
commencé à réfléchir (ouhla m'a fallut le temps :p), et je n'ai plus
trouvé ça normal de payer quelqu'un pour éduquer ma fille à ma place,
pour la voir grandir à ma place, pour lui faire découvrir des choses à
ma place. Et du coup, ce qui était valable pour la petite enfance
l'était aussi pour "l'après" (d'où notre refus de la scolarisation).
Je n'ai pas trouvé normal non plus que la nounou fasse grandir ma fille dans des habitudes de vie que nous rejetons (c'est-à-dire avec le repas de midi devant la tv -tf1, en prime-, entre autre).
Je sais, vous allez me dire que je n'avais qu'à mieux choisir ma nounou. J'en ai souvent parlé ici: on a vraiment galéré pour trouver une ass.mat. chez qui il restait des places de libre, et au final on a eu le choix entre 2 personnes, et on a choisi celle qui nous semblait le mieux.
Bref, j'ai commencé à vraiment réfléchir sur la pertinence de mon obligation salariale, et MonMaryRené aussi (de la sienne, pas de la mienne hum).
Après réflexion, il a arrêté de bosser mi-février. Pour s'occuper de sa fille, avoir du temps pour lui, et pour nous. À la base nous n'avions aucune "obligation" sur (j'sais pas trop comment formuler ça) le "sexe" de celui de nous deux qui serait "à la maison", lui ou moi, peu importe.
Et moi je suis en arrêt depuis mi-avril, donc. Et n'ai aucune envie de reprendre le travail courant février 2010.
Depuis, notre vie est un long dimanche. Nous passons nos journées tous les 3, c'est Diane qui nous réveille le matin, en général vers 9h/9h30 (pas besoin de se lever à 6h et de la réveiller, ELLE, pour aller chez la nounou/à la crèche/chez pépé-mémé), et on s'est complètement calqué sur son rythme. On mange quand elle a faim, on sort quand elle a fini sa sieste, normal non? ^^
On re-découvre notre enfant, on peut l'observer grandir à loisir, lui faire découvrir les choses qui nous tiennent à coeur, elle nous observe en retour, nous regarde préparer à manger (elle adore!), danse avec nous quand on écoute de la musique, bref: on est heureux. Et (en ce qui me concerne, en tout cas) j'ai vraiment l'impression de tisser des liens uniques avec mon tout-petit. Diane sait qu'on est là pour elle, et je pense qu'elle ressent le fait qu'on fera tout pour toujours l'être, en permanence, en faisant nos choix de vie en conséquence.
Le seul hic (en fait, y en a deux), c'est que:
- nous ne souhaitons pas sacrifier notre vie à un travail, mais nous adorons étudier: le 1er des deux à reprendre le chemin de la fac sera probablement MonMary, vu comme les choses sont parties.
- pour le moment, je n'ai pas trouvé encore "d'activité" associative qui me permette de m'accomplir (vive les BF de Virginia Henderson). Je m'explique: j'ai toujours aimé le contact avec les personnes polyhandis -merci maman de m'avoir emmené sur ton lieu de travail les ouiken où tu avais ma garde-, depuis toute petite. Actuellement je bosse -si, si, je bosse, je suis en CDI hum ^^- dans un foyer d'accueil pour adultes polyhandis, et ça me plait quoi. Je crois qu'au fond, c'est un engagement associatif qu'il me manque (mais rien de bien dramatique, on peut y pallier très vite). Juste pour dire qu'être "à la maison" ça ne signifie pas être H24 derrière sa fenêtre, au contraire! Pour moi ça signifie la liberté de s'ouvrir à tout et à tous (contrairement au travail qui nous enferme, nous lie à une routine dénuée de choix).
Je ne sais plus où j'avais lu ça de toi, Terf, mais concernant la question essentielle aux yeux de "la majorité", à savoir: la thune, je dirai comme toi (ah ça y est, j'ai retrouvé où c'était) qu'on a fait des choix, on mange bio tous les 3, local, de saison (ce qui est ABSOLUMENT abordable niveau prix) (donc non, manger bio ça ne coûte pas cher), on a le projet de vivre dans un habitat écolo autoconstruit (nous on va plus vers du terre-paille ou terre crue ossature bois, mais avec sûrement un passage en yourte le temps de la construction) avec, à long terme, une acquisition de notre indépendance sur tous les fronts (en tout cas c'est ce que nous souhaitons), et à côté de ça: ON VIT! On est ensemble, on est heureux, et c'est tous les jours dimanche ^^ Putain, elle est pas belle la vie? :)
Alors, sinon, pour répondre aux mamans éplorées: moi je ne pense pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises mères (sauf celles qui délibérément font les mauvais choix -maltraitance toussa-).
Je pense que toutes autant qu'on est (en tout cas pour les mamans qui viennent lire ici ce qui sort de ma cervelle), nous sommes juste des mamans qui aimons nos enfants et qui ne souhaitons que le meilleur du meilleur pour eux. Après, on fait toutes des choix, selon plein de critères différents, variés et complexes, selon certains impératifs aussi, qui ne sont pas les mêmes pour toutes. Bref, faut pas se sentir mauvaise maman Adel ;).
Et Terf, conseille-moi tous les livres et tous les sites que tu veux (Les Louves, je suis déjà inscrite sur la liste mais j'ai pas trop saisi comment ça fonctionnait *blonde-blonde*)!!! Je suis avide de ce genre de lecture (et j'ai trouvé le site que tu conseillais à propos de l'éducation très percutant, wouah.)
Bref, comme vous aurez pu le constater en lisant ces lignes, je suis un peu claquée et j'ai du mal à dire autre chose que "chouette, génial, on est heureux c'est trop cool!", mais l'idée y est! Sur ce, j'vais m'coucher!